De l’intime, il est souvent question dans sa démarche dans une tentative de sublimation qui cherche à effleurer le monde et les personnes habitant ce monde.

Tout comme le dit Victor Hugo dans sa préface aux « Contemplations »

« Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis, la destinée est une.
Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y.
On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi.
Parlez-nous de nous, leur crie-t-on.
Hélas ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous.
Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! »

D’autre part, dans sa pratique picturale, la question du visage et du regard est posée, dans une frontalité telle qu’on peut la retrouver dans les portraits du Fayoum par exemple.
Ces visages nous regardent ou nous évitent, ou encore ailleurs les paupières sont closes, visages bustes coupés du corps et placés au centre de la feuille sans fond autre que le papier blanc.
Ailleurs, la question rhizomique du végétal, qui se mêle parfois à ces figures dans des formes hybrides.

À travers ces différentes pratiques, toujours le même fil qui se déploie de la pelote, l’intime, le végétal, l’humain et parfois le monstrueux pas si loin…

CHARLOTTE PUERTAS

Née en 1974. Vit et travaille à Lille

Après des études d’Histoire de l’Art et de Lettres modernes, Charlotte Puertas rentre aux Beaux-Arts de Paris d’où elle sort diplômée en 2003.

Sa pratique artistique est polymorphe selon les projets.
Du modelage à la peinture sur papier avec une prédilection pour la gouache, l’aquarelle et les techniques mixtes (explorant le médium de la peinture à travers des expérimentations chimiques) ou encore du dessin au dessin d’animation qu’elle explore en autodidacte. Puis enfin l’écriture et la lecture de textes en collaboration avec un artiste vidéaste et musicien avec qui elle travaille : David Schaffer.

En 2010 elle réalise un film de 21 min « La vie dangereuse » à portée
autobiographique lors d’une résidence d’artiste en y mêlant différents médiums avec en toile de fond un texte lu par la comédienne Katia Geins en voix off et en 10 tableaux.
Puis plus récemment elle écrit un livre « Le journal de la Shéhé » édité en 2017 par les éditions Cynorrhodon-FALDAC, dans leur collection dessin-poésie.
Ce journal mêle peintures, dessins et « journal intime » un tant soit peu trafiqué puisque les dates ne comportent pas d’années et que qu’elle y insère quelques textes.

https://charlottepuertas.carbonmade.com/