Antonia Rossi confie à la galeria Dupressoir une série de bijoux presque sacrés qui évoquent les gris-gris, les chapelets, les amulettes que l’on porte pour se souvenir, pour se réconforter, pour garder au plus près de soi des pensées précieuses, des vœux secrets, des superstitions et des incantations .

Chaque bijou est une pièce unique que l’on ne choisit pas par hasard.  De véritables merveilles de délicatesse qui rentrent dans la catégorie universelle d’objets, essentiels, que tout être humain forcé d’abandonner son foyer ou réduit à la plus grande pauvreté garderait sur lui, près de son cœur. Ce sont des objets poétiques et sentimentaux aux formes symboliques de croix, de reliques ou d’ex-voto.

ANTONIA ROSSI

Antonia Rossi est une artiste italienne qui vit et travaille à Bologne en Italie. Elle créée des objets d’art à partir de textile qu’elle récupère au gré de ses déambulations urbaines et de ses voyages et qu’elle assemble, réinvente à travers des techniques de coutures subtiles.

Sa source d’inspiration est enfermée dans des valises qui la suivent partout et contiennent un petit trésor de brochures froissée, des bouts de tissus, bobines de fil de couleur, épingles de sûreté, croches, papier transparent, jauni par le temps, « un trésor de matériaux modestes, mais plein d’histoire, qui raconte l’histoire de mes recherches « .

La couture, les tissus, la récupération des matériaux, sont des éléments qui font partie de sa vie depuis l’enfance : la grand-mère a travaillé au crochet, la mère a cousu, le père a restauré les meubles. Son processus créatif a pris ses racines dans la tradition des Abruzzes, source inépuisable d’inspiration, et dans le principe sans limite de réutilisation. C’est un voyage dans la mémoire, dans le temps, entre les souvenirs de personnes jamais rencontrées et de vies passées, une aventure, « en partie encore mystérieuse, qui est devenue l’aimant de mes intérêts, de mes regards, de mes préoccupations. ».

Son âme nomade continue de l’emmener à Paris où elle a travaillé de nombreuses années notamment dans un lieu mythique de création au cœur du quartier des Halles : « le Facteur Céleste » créée par Delphine Kholer.

« Je travaille sans savoir travailler, souvent sans même imaginer le résultat », explique Antonia Rossi. « C’est la fièvre des mains, l’urgence d’approcher différents matériaux, de donner la parole à mon jardin secret de souvenirs, de redécouvrir des gestes qui ont profondément marqué mon paysage intérieur ».